(Création saison 2020-21)

Au bord d’un monde est une création hybride constituée de différentes parties qui interagissent : OreKosm #1 et #2 (des spectacles musique/danse/vidéo), eKor (une performance danse et musique en extérieur, recréée chaque fois in situ), KorFolium (une installation Photosonore).  Les artistes, pluridisciplinaires, font se rencontrer leurs différents savoir-faire artistiques : la musique électroacoustique, la danse les arts visuels et la création dans un paysage.

Philippe Ollivier joue une musique répétitive électroacoustique, avec le bandonéon, le logiciel Logelloop et un système d’interpretation musicale des gestes. Il travaille sur la lenteur, sur l’élasticité du son et de la musique, et cherche l’apesanteur sonore. La déformation des sons, via des modes élaborés de Live Looping, mais aussi la synthèse granulaire qui permet de reconstruire l’enveloppe des sons, est un moyen de modifier le temps. Le traitement sonore est très proche d’une forme de sculpture du son, lui permettant d’aller jusqu’au plus profond de la matière organique sonore.

Pour Noëlle Deffontaines, l’espace scénique est un lieu de vie, de métamorphose. Dans la danse, elle cherche un état de présence à ce qui est, un état d’écoute et de disponibilité pour que le corps tel une sculpture vivante puisse révéler une part d’invisible. Par la lenteur, elle entre dans un temps suspendu où la danse fait corps avec l’étrange et l’inconnu.

 

OreKosm, l’orée, du latin ora, le bord, la lisière d’une zone, généralement d’une forêt ou d’un bois, la limite externe d’un lieu, un lieu où quelque chose commence à être… Le monde, du latin cosmos, emprunté au grec ancien κόσμος, kósmos, l’univers, l’infini, l’univers pris en tant que système ordonné. κοσμέω, kosmeo, c’est orner, se parer.

OreKosm exprime l’idée de se placer tout au bord, en lisière d’un monde, d’un ailleurs étrange et changeant, un monde en soi qui existe et évolue selon son propre système, une élaboration fine entre musique, danse et vidéo, qui, par un jeu de superpositions et d’interactions entrent en symbiose.

OreKosm se joue dans un espace intérieur noir. Le son du bandonéon électroacoustique définit un espace sonore répétitif, sensible et minimaliste. Dans la profondeur de ce noir, l’on aperçoit peu à peu un corps, un être rendu visible par des projections de formes et de couleurs. La vidéo, comme une parure, orne la danse. Elle agit comme un masque, une passerelle vers l’étrange, l’onirique, l’extraordinaire, et dessine un paysage changeant dans lequel la danse évolue.

La musique est multi-diffusée, les sons glissent, entourent, caressent ou frottent…ils enveloppent le public et le placent avec les artistes à la lisère de cet ailleurs.

OreKosm est une proposition transversale, qui, tout en étant contemplative, parfois lente, souvent dépouillée et minimaliste, pourra exacerber les sens du spectateur placé au cœur de l’expérience.

 

Noëlle Deffontaines :  chorégraphie, danse
Philippe Ollivier : composition, bandonéon, logelloop

Création 2020/2021
Durée 40 minutes
Tout public
Diffusion du son possible en Quadriphonie, Hexaphonie ou Octophonie (selon les cas)